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Grève dans le primaire et le secondaire public Le gouvernement renonce à la ponction des salaires, des leaders syndicaux réagissent

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Kandia Camara a fait un cadeau de Noël aux enseignants grévistes en renonçant à la ponction sur les salaires pour fait de grève. 

 

Les enseignants grévistes ayant fermé, du 10 au 14 décembre 2018, les écoles primaires et celles du secondaire général et technique, échappent au sort qu’ont connu des agents de santé pour fait de grève. Leurs salaires n’ont pas subi de ponction pour fait de grève comme ce fut le cas en fin novembre 2018 des médecins, sages-femmes, infirmiers et autres agents de santé. Ces fonctionnaires avaient paralysé les activités de soins dans les hôpitaux publics du 5 au 10 novembre dernier. 

 

  Joints au téléphone, le mercredi 26 décembre 2018, des meneurs de la grève dans les écoles publiques ont confié que c’est avec la peur au ventre qu’ils se sont rendus dans leurs différentes banques. « On redoutait la ponction. C’était prévisible après ce qui est arrivé aux personnels de santé. Fort heureusement, notre ministère de tutelle (Education nationale, Enseignement technique et Formation professionnelle, ndlr) a reculé en renonçant à faire parvenir au ministère de la Fonction publique la liste des grévistes », se réjouissaient des interlocuteurs. Du côté du ministère de tutelle, le chef de cabinet, Abdoulaye Kouyaté, n’a pas souhaité se prononcer sur le dossier. Mais, un de ses proches, a fait savoir que le cabinet, sous instruction de la ministre Kandia Camara exprime sa bonne foi pour apaiser les rapports avec les organisations syndicales. « Le levier pour frapper, on le connait. On ne l’a pas activé. La ministre Kandia Camara, en agissant ainsi, a voulu faire aux syndicalistes un cadeau de fin d’année aux grévistes pour les amener à s’inscrire dans sa vision d’une année apaisée pour une école ivoirienne de qualité. Ce cadeau, il n’y en aura pas 2 », a-t-il prévenu.

Réactions. Du côté des organisations syndicales des grévistes, l’on salue le fait que le gouvernement ait renoncé au ‘’bâton’’. Toutefois, l’on assure qu’il est hors de question de renoncer à la grève pour faire aboutir les différentes revendications. Il s’agit, entre autres, de la revalorisation des indemnités de logement des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire public ; de la suppression des cours du mercredi ; du relèvement au double des primes des examens scolaires et de la rémunération de la surveillance. Les grévistes exigent également le paiement des 500.000 F cfa à chaque enseignant ex-contractuel au titre de leurs émoluments non payés de janvier à mai 2014 pour fait de grève ; la suppression de l’emploi d’instituteur adjoint (Ia) et celui des instructeurs de formation de base adjoint (Ifpba) de l’Enseignement technique. « C’est vrai, la tutelle a reculé pour ce qui est de la ponction. Cela permet d’éviter un bras de fer, l’enlisement de la crise. Pour nous, la meilleure réponse que l’Etat doit nous donner, c’est la satisfaction de nos préoccupations. Faute de quoi, la grève restera de mise », a clarifié Pacôme Attaby, porte-parole de la Coordination des syndicats des enseignants et des formateurs de Côte d’Ivoire (Cosefci). « Nous avions déjà sensibilisé nos camarades sur la pression de la ponction de salaire. Pour nous, le gouvernement fasse la ponction ou laisse faire, n’est pas important. Ce qui nous intéresse, c’est la suite à nos revendications. Nous sommes prêts à toutes les éventualités pour obtenir gain de cause », déclarait Ako Nomel de la Coordination nationale de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (Conetfp-Ci). « Ce n’est pas parce qu’on ne nous a pas ponctionnés que je vais être content. Nos objectifs ne sont pas encore atteints. Si le gouvernement n’a pas fait de ponction, c’est parce qu’il a vu la justesse de nos revendications. Ce ne sont pas des revendications politiques. Il faut que le gouvernement accepte de s’assoir avec les syndicats pour trouver des réponses réelles et durables à leurs revendications », renchérissait David Bli Blé, porte-parole de l’Intersyndicale de l’enseignement préscolaire et primaire public de Côte d’Ivoire (Isepp-ci).

 

 

                                                                                                                                                                    TRAORE Tié