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Retrait de la CAN 2021 à la Côte d'Ivoire: Le faux procès et le vilain calcul d'Amad Amad, président de la CAF

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Ce qui était, jusque-là, une rumeur, est devenu une réalité. Le président de la Confédération africaine de football vient de proposer le retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire au profit du Cameroun, pays organisateur de la prochaine CAN (2019) qui lui a été retiré au motif qu’il n’est pas prêt.

 

Le Malgache, Amad Amad n’a pas cherché loin ses arguments pour demander que la CAN des Ivoiriens soit décalé en 2023 afin de céder celle de 2021 au pays de Paul Biya pour se rattraper. Il a simplement décidé de « faire entorse aux règlements » pour repousser l’échéance pour la Côte d’Ivoire pendant que ce pays se prépare activement en vue du respect de son cahier des charges. « La Côte d’Ivoire ne sera pas prête pour 2021. C’est pour arranger les choses qu’on va décaler. C’est confirmer, la Can 2021 pour le Cameroun et celle de 2023 pour la Côte d’Ivoire », a lancé comme un pavé dans la marre, Amad Amad, qui soutient que la décision émane du Comité exécutif qui a été approuvée par le Congrès.

A priori, c’est justice faite au Cameroun pour le contenter de sa Can retiré faute d’avoir été prêt pour accueillir le plus grand rendez-vous sportif du continent. Mais, est-ce la faute à la Côte d’Ivoire si le Cameroun, qui a postulé et fait campagne pour 2019, n’a pas pu honorer ce rendez-vous ? La Côte d’Ivoire, qui a consciemment postulé pour 2021 devra-t-elle payer pour un tiers ? Au demeurant, c’est faire injure aux dirigeants ivoiriens que de dire tout de go, à trois ans de 2021, que le pays de Didier Drogba ne sera pas prêt pour le rendez-vous de la Caf. Rien, a priori, ne justifie les affirmations de Amad Amad, qui aurait eu un peu de respect pour les Ivoiriens en prenant cette décision de concert avec leurs autorités. Le président de la Caf aurait eu la bienséance de négocier avec les dirigeants du football ivoirien avant de prendre sa décision que cela n’aurait choqué.

Mais, alors que la Côte d’Ivoire s’investit pleinement pour accueillir le monde du football africain sur son sol, elle est cassée dans son élan par cette décision qui va refroidir les ardeurs. En effet, il suffit de faire un tour sur le sol d’Ebimpé, à la périphérie Nord-Est d’Abidjan pour se rendre compte des efforts fournis par les Ivoiriens pour le respect de l’échéance de 2021. En quelques mois, les dirigeants ivoiriens ont fait sortir de terre le stade olympique prévu à Ebimpé, qui fait déjà la fierté de tout passant. Dans les trois années à venir, trois autres joyaux du genre sont annoncés. Ces quatre stades devraient compléter ceux qui existent déjà. Notamment le stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, celui du Champroux, ceux de Bouaké, Yamoussoukro et autres qui seront en réfection pendant ce temps....

 

Mieux, pour décréter que les Ivoiriens ne seront pas prêts comme le Cameroun, il aurait fallu aux dirigeants de la Caf attendre à l’approche de l’échéance, comme ils l’ont fait pour les Camerounais, à quelques mois du rendez-vous de 2019, pour faire l’état des lieux et décider.

Il y deux ans, alors que certains pouvaient en douter, la Côte d’Ivoire a relevé le défi de l’organisation sur ses terres des 8ème Jeux de la Francophonie. Un succès qui ne devrait pas permettre à Amad Amad de lui faire injure de décaler la CAN 2021 au motif qu’elle ne serait pas prête. Sur quoi se permet-il de le dire ? Doute-t-il de la capacité des Ivoiriens à relever ce défi loin de l’insurmontable ? Le président de la Caf fait un faux procès et un vilain calcul, et s’il n’est trop tard, il pourrait toujours se ressaisir. Quitte à faire passer le Cameroun, le fautif, en 2023, pour ne pas refroidir les ardeurs des Ivoiriens qui ont pris d’importants engagements financiers pour tenir le pari de 2021.

                                                                                                                                                                          Félix D.BONY