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Cette Coupe du monde 2018 aura été un long calvaire pour l'Afrique : Les leçons de la participation des pays africains

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Pour la première fois depuis 1982, il n’y aura aucune équipe africaine au second tour de la Coupe du monde de football.

Toutes les équipes africaines éliminées dès le premier tour de la Coupe du monde 2018, une moyenne de points historiquement faible, le Maroc battu dans l’attribution du Mondial 2026… Cette édition en Russie est un échec pour le football africain et l’arbitrage n’explique pas tout.

''Pharaons'' diminués

Privés de leur gardien Ahmed El Shenawy (forfait) et de Mohamed Salah (durant le premier match), les Egyptiens ont raté leur entrée dans cette compétition face aux Uruguayens avant de céder 0-1 à la 89e minute. Cette défaite d'entrée a davantage compliqué leur tâche. Si bien qu'ils ont en du mal, malgré l'entrée de Salah, à relever la tête devant le le pays hôte (1-3). Eliminés, les «Pharaons» n’ont pas eu les ressources nécessaires pour sauver l’honneur face aux Saoudiens (1-2), un comble.

Le Maroc a eu la malchance d’hériter d'un tirage difficile et d’un arbitrage désavantageux. Des décisions polémiques face au Portugal (0-1) et à l’Espagne (2-2) ont hypothéqué les chances des «Lions de l’Atlas». Cependant, les Marocains auraient pu sortir la tête de l'eau, après avoir dominé l’Iran, ils se sontfait avoir au finish (0-1).

Le Nigeria a fait les frais de l'inexpérience de son effectif. La sélection nigériane, était la plus jeune du tournoi. Les «Super Eagles» ont été trop inconstants. Dominés par les Croates (0-2), excellents en 2e période face aux Islandais (2-0), ils n’ont pas su achever une équipe d’Argentine en proie au doute (1-2). Les Nigérians ont peut-être été privés d’un penalty valable face à la bande à Lionel Messi. Mais le manque de concentration et la naïveté de l'équipe l'ont conduit à sa perte.

Laminée par la Belgique (2-5), après un match difficile face à l’Angleterre (1-2), la Tunisie a touché le fond de la cale, avant de puiser dans ses dernières ressources pour venir à bout du Panama (2-1).Une bonne note quand on sait que la première victoire en phase finale remonte à 1978 (13 matchs sans victoire). Mais le mal était déjà fait.Sans leur meilleur joueur, Youssef Msakni, forfait pour le Mondial 2018, les «Aigles de Carthage» n'avaient pas assez d'argument pour prétendre aux huitièmes.

Pas si fair-play

Rageant la sortie du Sénégal qui portait les derniers espoirs de l'Afrique à ce Mondial en Russie.Après avoir battu la Pologne 2-1, les Sénégalais ont décliné au fur et à mesure du tournoi. Ils ont en effet été tenus en échec 2-2 par le Japon, puis se sont inclinés 1-0 face à la Colombie. S’ils ont eu beaucoup de réussite en attaque, les « Lions de la Téranga » ont manqué de concentration puisqu’ils ont été rattrapés au score trois fois durant ce premier tour. Au décompte final, le Sénégal a été a été éliminée au critère du fair-play, au profit du Japon. Pour avoir reçu six cartons contre 4 pour le Samouraïs bleus. Une règle appliquée pour la première fois en Coupe du monde. Le Sénégal ne méritait probablement pas un tel dénouement. Le tournoi s’arrête en revanche là pour les Sénégalais, sanctionnés de ne pas avoir su mieux utiliser le ballon quand ils l’avaient et de s’être trop longtemps contenté de ce nul qui leur suffisait même à un moment pour terminer en tête, sans réussir à changer vraiment de rythme une fois le score en leur défaveur. Ils pourront aussi regretter les deux égalisations concédées contre le Japon au match précédent, sans lesquelles ils seraient qualifiés. Et cette intervention défavorable de la VAR en première période, alors que le penalty accordé à Sadio Mané ne semblait pas injuste. Autant de raisons de ruminer pendant longtemps une élimination cruelle.

Cette édition 2018 est l’une des pires de l’histoire du foot africain. En témoigne les 11 petits points cumulés par les cinq équipes du continent, et ce en 15 matches. Avec 2,2 points pris par équipe en moyenne, c’est la pire phase finale. On est loin des 3 points de moyenne de 1998 et de 2002.

Cette Coupe du monde 2018 aura été un long calvaire pour l’Afrique. Un calvaire qui a commencé par la défaite du Maroc pour l’attribution de l’organisation du Mondial 2026, battu par le trio Etats-Unis-Canada-Mexique. Sur le terrain, il a souvent été question d’arbitrage, de vidéos, d’injustice. Mais d’éventuelles erreurs ne suffisent pas à tout expliquer.