Bien-être et Santé

Des unités de fabrication de Jus de fruits à ciel ouvert : Voici les conditions de travail, de conservation et d'hygiène

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L'orange et l'ananas ne sont plus consommés comme par le passé.

Aujourd'hui, la tendance est aux fruits pressés pour en extraire le jus et le boire. Cette habitude de consommation a développé une activité, qui est en plein essor à Abidjan.

A chaque coin de rue, de petites unités de fabrication artisanale de jus de fruits sont installées. Cette activité de production de jus a commencé avec les vendeurs de fruits ressortissants des pays de l'hinterland. Ils vendent de l'ananas et travaillent de façon archaïque en pressant le fruit avec les mains recouvertes de gants. Dans les encablures de l'église Sainte Thérèse, à Marcory, se trouve l'un d'entre eux. Dans la charrette garée devant lui, des ananas sont soigneusement disposés. En plus des couteaux, s'y trouvent des fourchettes, cuillères, bidons vides, sachets, assiettes en pastique, un entonnoir et un bidon d'eau. Il dépense beaucoup d'énergie pour satisfaire les besoins de ses clients.  

« La tâche est difficile, mais il faut vendre les produits sous plusieurs formes pour vite les écouler, parce qu'ils sont périssables », explique Moussa Touré, un jeune assis au côté du vendeur.

Certains comme Dramane Koné, rencontré du côté de la grande mosquée de Koumassi, n'ont pas d'emplacement fixe. « Je me balade pour vendre mes jus, je n'ai pas de place fixe », confie-t-il. A côté des hommes, des femmes exercent également ce métier de vente de jus de fruit. Mlle K.K, employée dans le restaurant d'une entreprise à Marcory Zone 4, en fait partie. Elle travaille de façon manuelle avec un presse jus en plastique, qui a l'aspect d'une petite boîte. Mme K.K découpe d'abord en deux (2) les oranges lavées et fait pivoter chaque morceau sur la partie pointue et fixée sur le support posé sur la table. Au fur et mesure qu'elle appuie, la pulpe s’écrase et le jus verse à l'intérieur du vase en dessous. Le jus obtenu est servi dans un verre aux clients. « On consomme du jus sur place et frais », se réjouit un consommateur. Mais l'activité demande de la patience. « Il me faut au moins 10 minutes pour avoir un verre de jus d'orange, vendu à 200 Fcfa. Je tire mon compte », indique la jeune vendeuse, avant d'exprimer son souhait d’acquérir une machine artisanale à presser l'orange. Selon elle, la machine est vendue à environ 25 000 Fcfa. Dans la commune du Plateau, deux (2) autres jeunes sont installés à la gare de taxis intercommunaux communément appelés wôrô-wôrô située près de l'externat Saint Paul. Leurs conditions de travail sont plus améliorées parce qu'ils ont pu s'offrir cette machine à jus artisanale. La tâche consiste à placer le morceau de fruit découpé à l'intérieur et rabaisser l'autre manchette pour disposer du produit. Les voir à la tâche donne envie de consommer leurs produits. Sur une table, est placée cet outil, des verres en plastique jetables. En dessous, se trouvent des sacs contenant des oranges. Le travail se fait à la chaîne. Le premier s'occupe de laver les fruits, un autre les découpe et le troisième presse l'orange et met le jus en boite. A Cocody, sur l'axe Saint Jean-Rti, un autre acteur est installé devant un des restaurants situés en bordure de voie.

 

La question de l'hygiène et de la qualité

Le goût naturel de ces produits constitue un critère d'achat pour les consommateurs. «  Les produits sont purs.», croit un consommateur. Que ce soit l'ananas, l'orange, le 1/2 litre et le 1,5 litre sont vendus respectivement à 500 F cfa et 1500 Fcfa. L'orange se vend en détail, 200 Fcfa le verre ou 300 Fcfa. « C'est un peu cher mais on fait avec », déclare un autre. Certains évoquent les conditions dans lesquelles sont fabriqués ces produits. « Des transformateurs y mettent la volonté. Mais à certains endroits, l'hygiène laisse à désirer », déplore M. G.T. Face à la demande croissante, il est nécessaire de développer les marchés de jus de fruits fabriqués de façon artisanale. Il faut non seulement améliorer leurs procédés de transformation mais aussi la qualité des produits finis. L'adoption de bonnes pratiques de production et d’hygiène, pour que les consommateurs soient rassurés sur l’innocuité des produits.

 

Concurrence

La vente de boissons de fruits obtenues par des procédés artisanaux améliorés est en croissance. Bien que les données sur la consommation nationale des fruits et légumes transformés soient pratiquement inexistantes. Ce business vient renforcer l'offre des produits déjà connus tels que les jus de bissap, de gingembre et de tamarin. Ces boissons à base de produits locaux sont appréciées pour leur goût, leurs vertus médicinales et leurs prix. Elles sont consommées en famille, surtout lors des cérémonies et événements religieux, ou de façon personnelle pendant ou hors des repas. Au point où il existe aujourd'hui une sorte de concurrence avec les boissons gazeuses, fabriquées sous licence par des industries nationales, les jus importés ou fabriqués localement à partir de concentrés importés et parfois de fruits locaux.