Couple et Sexualité

DENIS DE GROSSESSE : la grossesse masquée

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Elle se plaignait de mal au ventre. Et elle a accouché chez elle. Sur les toilettes. Elle ne savait même pas qu’elle était enceinte… Ce type d’histoire, nous en avons tous entendu parler. De près ou de loin. Sans vraiment y croire parfois. Pourtant, le déni de grossesse concernerait entre 600 et 1800 femmes chaque année. Retour sur ce phénomène mystérieux.

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Longtemps nié, y compris au sein de la communauté médicale, c’est à l’occasion de tristes faits divers que le déni de grossesse a fait la une des journaux et même, acquis une crédibilité. Un coup de projecteur sur un phénomène qui n’est pourtant pas si rare : une grossesse sur 400 à 500 serait découverte entre le cinquième et le neuvième mois, et une sur 2500 lors de l’accouchement, selon l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG) « www.afrdg.info »

Ces femmes portent en elles un enfant, parfois jusqu’à la naissance, sans le savoir. Et pour cause : leur corps ne laisse rien deviner. « Les signes de grossesse sont soit absents, soit diminués. Et si diminués, ils sont mal interprétés », explique le Dr Félix Navarro, président de l’AFRGD. Les mouvements du bébé sont perçus comme des coliques ; les quelques kilos pris – s’il y a - comme le résultat de petits excès. Certaines femmes continuent à avoir leurs règles ; d’autres sont sous contraception. Le déni de grossesse en un mot, c’est quand le bébé à venir reste invisible

 

TEMOIGNAGE   Déni de grossesse : "j'ai appris que j'étais enceinte 4 jours avant mon accouchement"

 

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Quatre jours avant son accouchement, Alex apprend qu’elle est enceinte de huit mois passés. Après le choc de l’annonce et la naissance de son bébé, il lui faut accepter… et se reconstruire. Elle n’oubliera jamais son déni de grossesse.

 

Un mercredi de juillet, je me réveille avec une douleur au ventre. J'ai vraiment mal ! Je vais pour le gynéco, qui me fait une échographie. « Vous êtes enceinte, la naissance devrait avoir lieu d'ici deux à trois semaines ».J'éclate en sanglots, je suis en plein cauchemar. Ma réaction est violente, je me mets à taper sur mon ventre avec mes poings. Pour faire sortir le bébé ou le tuer ? Je ne sais pas. Le gynéco me calme. Quand mon fiancé me rejoint chez le gynéco, c'est la douche glacée. En moi-même, je me souhaite « bon courage » pour les semaines à venir (...). Je dois m'organiser, acheter des vêtements pour le bébé, prévenir mes parents. Mes parents !  Moi, j'essaie de profiter des quelques jours de grossesse qui me sont donnés

Après, je me suis souvenue avoir eu des gargouillis dans le ventre. Peut-être était-ce déjà les mouvements du bébé. Et comme je prenais la pilule, j'avais toujours mes règlesPersonne n'a rien vu, ni mes amis ni les médecins qui m'ont soignée au laser pour des angiomes à sept mois et demi et m'ont vue nue.
Les contractions démarrent le samedi. Nous partons pour l'hôpital. Trop gros pour naître par les voies naturelles, j'accouche par césarienne.
Le déclic ? Une émission de télévision. Une dame y raconte son déni de grossesse. J'éclate en sanglots en entendant son récit. J'ai peur de faire un deuxième déni de grossesseChaque mois, je fais une «fixette» sur mes règles. C'est la panique quand elles n'arrivent pas à la date prévue. Cette histoire est ancrée en moi. Je veux témoigner pour aider les femmes qui vivent ou ont vécu un déni de grossesse. C'est une situation traumatisante et il faut ramer pour redevenir soi-même. C'est très troublant de se dire qu'on a été, à un moment, spectatrice de sa vie." Alors n’oublie pas de partager mon histoire avec ton entourage, de sorte à faire connaitre ce phénomène pas trop connu.

 

Line APATA