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Santé du cuir chevelu / Tresses, Tissages, Perruques...Quand les femmes s'exposent à de graves dangers

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L’alopécie est devenue un réel problème de santé publique touchant particulièrement les femmes dans les métropoles africaines. Et la capitale économique ivoirienne n’y échappe pas. 

L’alopécie est devenue un réel problème de santé publique touchant particulièrement les femmes dans les métropoles africaines. Et la capitale économique ivoirienne n’y échappe pas. 

La majorité des Abidjanaises portant des tissages et des tresses serrées en sont atteintes, à des stades d’évolution différents, allant de la perte contrôlable de cheveux au stade de non-retour : la calvitie à vie.

Face à  la gravité de ce problème de santé et véritable problème de société, la rédaction d’Imatin.net a décidé de lui consacrer un dossier.

Au premier chapitre de ce dossier : Les origines de l’alopécie.

Pour en parler, nous avons pris attache avec une experte en soins capillaires, le Dr FENOUIL HUDSON Marie-Josée. Elle est  biologiste-inventeur, spécialiste dans l’étude du cheveu au microscope. Le Dr FENOUIL est également Présidente Directrice Générale de Cosmetik Ivoire, une société de distribution de produits cosmétiques, spécialisée dans les produits capillaires.

 

“ Nous perdons naturellement en moyenne 30 à 50 cheveux par jour… “

D’un point de vue médical, l’alopécie désigne une perte abondante de cheveux laissant la peau partiellement ou totalement nue.

Nous perdons naturellement en moyenne 30 à 50 cheveux par jour qui sont remplacés par de nouveaux. C’est leur cycle naturel de vie.



             

 

                                         A quel moment s’inquiéter 

 

Cependant quand la perte journalière est importante (quand on perd par exemple une touffe de cheveux ou qu’on laisse une quantité équivalente sur l’oreiller au réveil), il faut commencer à s’inquiéter.

Une alopécie mal soignée ou diagnostiquer trop tard vire à la calvitie qui en est le stade final, le point de non-retour.

On parle de calvitie lorsque le bulbe du cheveu est atrophié. On dit qu’il est mort. La calvitie est incurable contrairement à l’alopécie.

Elle peut résulter de facteurs indépendants de l’action humaine (facteurs génétiques, effets secondaires à la prise de médicaments, chocs, grossesse). L’alopécie peut aussi naitre de mauvaises pratiques ou habitudes. 

 

“70% des Abidjanaises portant des tresses serrées et des tissages ont une alopécie“

 

Selon des études indépendantes, 70% des Abidjanaises portant des tresses serrées et des tissages ont une alopécie.

L’explication réside dans le fait que le cheveu supportant tresses et tissages est traumatisé jusqu’à la racine (jusqu’au bulbe, voir illustration). Une fois le bulbe traumatisé, le processus de chute est enclenché.
 

                                Quand les tissages créent des traumatismes sur le cuir le chevelu

En effet, les tissages sont de faux cheveux cousus par-dessus les vrais.


          

Même s’ils sont posés sans douleur, ils exercent des tractions sur le cuir chevelu. Ces tractions, à la longue, traumatisent le bulbe qui finit par s’atrophier donc mourir. Au bout de 10 voire 5 ans, le cheveu finit par tomber et ne repoussera plus jamais, la cellule devant le porter étant morte.
 

                                                Ce qu’il faut faire avec les tresses

Pareil pour les tresses. Du point de vue de l’experte, en elles-mêmes, les tresses ne sont pas mauvaises, mais les faire serrer ou volumineuses, cause des tractions qui finissent par faire tomber le cheveu.

 

                                                 Le risque avec les perruques 

La perruque qui est une alternative pour certaines n’est pas non plus la plus indiquée, quoiqu’elle soit un moindre mal.

En effet, une perruque à base rigide et lisse étouffera les cheveux.

                                        

            
 

De plus, porter une perruque en continu sur une longue période peut créer des “trous“ (des zones où les cheveux seront moins abondants) surtout aux points de contact avec les bords de la perruque.


           
 

Le choix de la bonne perruque est donc primordial.

Aussi les tresses faites pour faciliter le port de la perruque ne doivent pas être serrées.

Niveau hygiène, elle laisse aussi à désirer.
 

 

Une autre cause de l’alopécie, bien souvent négligée : les pellicules

 

Une autre cause de l’alopécie, bien souvent négligée : les pellicules.

         



Les pellicules sont de fines lamelles qui se détachent du cuir chevelu. Elles sont généralement dues à l'activation anormale d'un petit champignon, le pityriasis, qui accélère le renouvellement du cuir chevelu. Normalement, un cycle de renouvellement est de 21 jours et permet l'élimination des cellules mortes de l’épiderme de manière totalement invisible. Lorsque ce cycle dure moins de 21 jours, en revanche, les cellules se multiplient trop vite et s'accumulent à la surface du cuir chevelu et forment une poudre blanche (pellicules sèches) ou des particules graisseuses (pellicules grasses).

Les pellicules ne sont pas directement à l’origine de l’alopécie mais elles constituent un terrain favorable. « Si elles ne sont pas traitées pendant une dizaine d’années et qu’en plus on les gratte, des cloques s’installent et elles deviennent purulentes. Ou carrément, les cheveux vont pousser et tomber constamment jusqu’à ce que l’alopécie s’installe » explique Dr FENOUIL.

 

Peuvent aussi être mis en cause dans la survenue de l’alopécie, les mauvaises habitudes capillaires ou l’utilisation de produits capillaires de mauvaise qualité.

 

“Il est mauvais de se laver les cheveux tous les jours au savon“

Au titre des mauvaises habitudes capillaires, le fait de se laver les cheveux quotidiennement au savon pour les hommes comme pour les femmes.

Le Dr FENOUIL préconise plutôt pour les hommes de se laver les cheveux 3 fois par semaine avec du shampooing et non du savon.

Pour les femmes, notre experte en cheveu recommande un seul lavage par semaine, également avec du shampooing et interdit formellement l’usage de pommade. « Pour les cheveux, utiliser uniquement des huiles » insiste-t-elle.

 

Une autre mauvaise habitude concerne le défrisage.

Sur ce sujet, notre experte s’est voulue intransigeante. « Le cheveu pousse d’un centimètre par mois. Quand on se re-défrise, il faut seulement appliquer le produits sur la partie crépue. Lors du précédent défrisage, la kératine été détendue. La partie déjà défrisée ne doit donc plus être touchée à vie ». Dans le cas contraire, l’on casse définitivement la kératine ce qui entraine la mort du cheveu.

 

De manière générale, les produits capillaires jouent un rôle des plus importants dans la santé et la beauté du cheveu. Quand ceux-ci sont de mauvaise qualité, le cheveu en pâtit. Ce qui est bien souvent le cas car il faut le reconnaitre, les produits de qualité ont un certain coût.

Pour les défrisants par exemple, Dr FENOUIL prévient qu’« il faut éviter d’utiliser tous ceux qui contiennent de l’ammoniac, de la soude et de l’acide » parce qu’ils détruisent le cheveu.

 

“Par ignorance ou par souci de mode, beaucoup de femmes tuent à petit feu leur chevelure naturelle“

Par ignorance ou par souci de mode, beaucoup de femmes tuent à petit feu leur chevelure naturelle.

Les explications peuvent être multiples ou peut-être n’y en a-t-il qu’une : le refus de s’assumer tel qu’on est.

Pour refermer ce chapitre consacré aux origines de l’alopécie,  un passage des saintes écritures que nous a chaudement recommandé notre experte, le Dr FENOUIL Hudson Marie-Josée. « Esaie : 3, 16-17».

 

Ange T. Blaise et Pascale Andrée