Mansurah Abdulazeez : la scientifique nigériane qui fabrique un médicament contre le cancer à base de plantes

Source: AFRIKMAG / 28 Aug 2019 / 59
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Une biologiste moléculaire nigériane, Mansurah Abdulazeez, s’est lancée dans la tâche herculéenne de fabriquer un médicament contre le cancer.

La recherche d’Abdulazeez sur les plantes africaines en vue de mettre au point un médicament contre cette terrible maladie survient à un moment où le fardeau mondial du cancer est estimé à 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès, selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Le nombre devrait atteindre près de 30 millions de nouveaux cas d’ici 2040 si des mesures drastiques et des efforts pour obtenir un traitement permanent ne sont pas mises en place.

S’adressant à Nature, une revue hebdomadaire internationale qui publie les meilleures recherches évaluées par des pairs dans tous les domaines de la science et de la technologie, Mansurah Abdulazeez a déclaré que ses efforts visent à identifier les plus puissants, des agents anticancéreux sûrs et efficaces provenant de plantes nigérianes et qu’elle a déjà « identifié » les activités cytotoxiques d’extraits de Moringa oleifera et d’Annona muricata ainsi que du péristrophe bicalyculata, un arbuste du Nigeria, sur des lignées cellulaires de carcinomes cervical et pulmonaires fœtaux.

« Nous avons également étudié les mécanismes anticancéreux de ces plantes. Nous avons constaté que ces plantes agissent dans le corps par divers mécanismes, il n’existe pas de mode d’action unique pour toutes les plantes », a-t-elle ajouté.

La jeune chercheuse affirme qu’elle a décidé de se lancer dans ce projet parce qu’il est bien documenté que ces plantes ont un potentiel anticancéreux énorme et largement non étudié. « La recherche sur des herbes comme la Guiera senegalensis, utilisée par les guérisseurs traditionnels africains et connue sous le nom de Sabara par les habitants, a conduit à la découverte de plusieurs médicaments anticancéreux. À mon avis, cela démontre comment l’étude des plantes africaines peut aboutir à la mise au point de médicaments précieux ».

Selon le CIRC, l’augmentation du nombre de cancer est dû à plusieurs facteurs, dont la croissance démographique et le vieillissement de la population, ainsi qu’à l’évolution de la prévalence de certaines causes de cancer liées au développement social et économique, ce qui est particulièrement vrai dans les économies à croissance rapide.

Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développent un cancer au cours de leur vie, et un homme sur huit et une femme sur 11 meurent de cette maladie. À l’échelle mondiale, on estime à 43,8 millions le nombre total de personnes en vie suivant un diagnostic de cancer.

Les tendances mondiales montrent que, pour les hommes et les femmes réunis, près de la moitié des nouveaux cas et plus de la moitié des décès dus au cancer dans le monde en 2018 ont été enregistrées en Asie, en partie parce que la région compte près de 60 % de la population mondiale.

Selon l’Union internationale contre le cancer (UICC), plus de 7 millions de personnes meurent du cancer et plus de 11 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués dans le monde, le tabac tue plus de 5 millions de personnes, dont 1,5 million meurent du cancer du poumon. Plus de 160 000 enfants sont touchés par le cancer et au moins 90 000 enfants meurent du cancer chaque année.

En 2020, si les tendances actuelles se poursuivent, les nouveaux cas de cancer atteindront 16 millions par an et plus de 10 millions de personnes mourront, selon l’UICC.

                                                                                                               Gaelle KAMDEM