Festival de Cannes : La Franco-Sénégalaise Mati Diop remporte le Grand Prix

Source: AFRIKMAG / 27 May 2019 / 129
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Mati Diop est entrée dans l’histoire en tant que première noire à remporter un grand prix au Festival de Cannes.  La réalisatrice Franco-Sénégalaise a été décernée le Grand Prix du Festival de Cannes pour son film «Atlantique».

Mati Diop, 36 ans, a grandi en France et appartient à une dynastie artistique sénégalaise dont font partie son oncle Djibril Diop Mambety, célèbre réalisateur, et son père, le musicien Wasis Diop.

Elle a déclaré à l’AFP, après la première de « Atlantique » que c’est alors qu’elle tournait un court-métrage au Sénégal, il y a dix ans, qu’elle a commencé à se poser des questions sur les causes tragiques qui poussent les Africains à fuir le continent.

« Je passais du temps à Dakar à l’époque et je me suis prise en pleine face les réalités complexes et sensibles du phénomène que nous appelions à l’époque « l’émigration clandestine ».

« Quand j’ai fini avec le tournage de mon film, j’ai ressenti que j’avais encore beaucoup de dimensions, de choses à explorer. J’ai eu l’envie et l’idée de raconter l’histoire de la disparition de la jeunesse en mer, à travers la perspective d’une jeune fille ».

Atlantique raconte le parcours d’un jeune Sénégalais candidat à l’émigration. L’héroïne du film est Ada, jeune fille qui tombe amoureuse de Souleiman, ouvrier sur un chantier et sans salaire depuis des mois. La vie d’Ada bascule le jour où Souleiman décide de quitter le pays par la mer pour chercher un avenir meilleur en Europe.

Lui et un groupe de collègues de travail décident que leur avenir est en Europe et s’embarquent sur un bateau à moteur appelé pirogue de l’Atlantique.

La nouvelle du naufrage du bateau et de la mort de ses passagers parvient à la maison, mais Ada n’arrive pas à croire que Souleiman soit parti.

Soudain, ses amis commencent à le voir partout en ville et Ada reçoit de mystérieux SMS sur son portable, tandis que de plus en plus de personnes sont frappées par une fièvre mystérieuse.

Leur affliction, qui conduit également l’iris des victimes à devenir blanc, s’avère être une visite des âmes des morts, Souleiman entrant dans le corps d’un policier.

« Atlantique est un film sur la hantise, l’envoûtement et sur l’idée que les fantômes prennent naissance en nous », explique Mati Diop.

                                                                                                         Gaelle KAMDEM