Exclusivité / Affaire BURIDA : Diallo Ticouaï Vincent : « Madame Viera a remis 40 millions au ministre pour… on a les preuves. »

Source: ABIDJANSHOW.COM / 10 Jul 2019 / 105
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Ce vendredi 05 juillet 2019, Abidjanshow.com a été contacté par Monsieur Diallo Ticouaï Vincent qui, dit-il, avait des choses importantes à nous révéler concernant la gangrène qui ne cesse de miner le BURIDA entre les artistes de Côte d’Ivoire et Dame Viera, DG de ladite structure. Nous nous sommes dépêchés de le rencontrer pour en savoir plus. Voici en intégralité l’entretien que nous a accordé cet artiste dramaturge et membre de l’assemblée générale du BURIDA.

Entretien…

ABS : Bonjour Monsieur. Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

DTV : Bonjour ! Je suis Diallo Ticouaï Vincent, comédien dramaturge, metteur en scène, réalisateur, membre de l’assemblée générale du BUURIDA. J’appartiens au Collège des écrivains et des littéraires, je suis fondateur du CACB qui est le Collectif des Artistes pour le Changement au Burida.

ABS : Vous nous avez contacté pour nous informer de quelque chose de super important. Pouvez-vous nous dire de quoi s’agit-il exactement ?

DTV : Effectivement, j’interviens ici pour vous annoncer que nous avons pris en flagrant délit Monsieur Maurice Bandaman sur une forfaiture. Le sieur Maurice Bandaman a failli tromper la vigilance des artistes sur un sujet brûlant, a failli nous rouler dans la farine mais qui ses actions n’ont pas échappé à notre extrême vigilance. Et aujourd’hui, nous faisons bloc pour faire opposition à cette forfaiture.

ABS : Pouvez-vous nous dire ce qui fonde votre convictions ?
DTV : Depuis près de 9 mois aujourd’hui, nous avons découvert des malversations au niveau de la gestion de Madame Viera, Directrice Générale du BURIDA. En notre qualité de membres de l’assemblée générale, l’article 39 nous autorise à sanctionner ou à apporter à la connaissance des juristes et de tous ceux qui sont susceptibles à prendre des décisions, cette faute-là. Il y a une faute lourde avérée. Nous avons docouvert des trous dans la gestion de madame Viera qui nous a fait perdre la bagatelle de 150 millions de F CFA. Nous avons découvert dans la gestion de madame Viera, une régression au fixe de poids. Un regression qui n’a rien à voir voir avec les impôts qui nous prélevés à la source.
Par deux fois, nous avons redressé notre maison, mais la gestion actuelle n’est pas digne du Burida. Nous n’avons pas la sérénité et lapaix attendue. Il est de notre devoir d’interroger celui qui a en charge la gestion, en l’occurence Mme Viera.
Il faut savoir que nous ne sommes pas les sujets de la Mme le DG, nous sommes au contraire ses employeurs parce que c’est nous qui pourvoyons les fonds qu’elle gère. Elle ne peut pas être au-dessus de nous, les sociétaires, elle ne peut pas raisonner comme étant la patronne des patronnes. Elle n’est patronne que pour ceux qu’elle dirige au BURIDA, mais ses vrais patrons, ce sont les artistes dont le travail lui donne les fonds qu’elle gère et qui lui assure un salaire de plus de 4 millions FCFA par mois.

ABS : Est-ce vrai, ce que vous avancez ?
DTV : Bien évidemment que oui, je vous dis toute la vérité. Avec tous les frais, les indemnités et primes qui accompagnent tous ses séjours qu’elle se fabrique tout le temps à l’étranger. Plus grave, nous avons découvert qu’une maison (le BURIDA) qui produit plus de 5 milliards par an, madame la DG est la seule à avoir la signature de tous les mouvements des effets financiers, ce qui est grave, extrêmement grave.
Nous avons également découvert que Madame Viera a donné 40 Millions à notre insu à monsieur le ministre Maurice Bandaman pour créer une usine de pressage de disques qui n’a jusqu’à ce jour, jamais vu le jour .
Nous avons découvert que le FAC (qui est le Fonds d’Action Culturelle) destiné à aider les artistes, par un prélèvement tous les 3 mois sur toutes les répartitions pour constituer une caisse commune, ne fonctionne pas. Cet argent qui devait être logé au Trésor au compte du ministère, est logé plutôt logé sur le compte personnel du DAF du ministère, ce qui est illégal. Le DAF est un individu qui a un compte personnel. On ne peut pas domicilier des fonds destinés à aider les artistes sur le compte d’un individu qui peut un jour partir. Nous pouvons citer ainsi autant de fautes lourdes que nous avons découvertes et qui justifie madame Viera rende les clés du Burida.
Pour toutes ces raisons, le collectif CCAB a mené le combat jusqu’à ce que l’assemblée générale s’en accapare et décide de la virer, de la révoquer. Nous avons suivi la procédure qui dit que l’assemblée décide et délibère et remet la délibération dans les mains du Conseil d’administration qui l’achemine au ministère. Toutes les voies à cet effet ont été suivies. Le ministre a bloqué la décision et a maintenu madame Viera à son poste. Nous avons frappé plus haut et nous avons saisi l’Inspection générale d’Etat qui a commandité deux audits (l’audit organique et l’audit financier) et confié cet audit-là au cabinet français MASAR qui est représenté ici. Nous avons payé 53 millions pour que cet audit soit fait.
Mais les commanditaires qui ont financé ledit audit n’ont pas jusqu’ aujourd’hui la copie du rapport de cet audit. Et comme nous savons très bien, cet audit malmène madame Viera et d’autres personnes de son entourage.
C’est la peur de ces dégâts collatéraux qui a bloqué la machine quant à la remise même du rapport de cet audit entre mains des artistes.

ABS : Mais est-ce que vous avez mené des démarches pour avoir accès à la copie du rapport de cet audit ?

DTV : Nous avons organisé un sit-in pour réclamer le rapport de l’audit et le départ de madame Viera. On nous a dit à la Primature d’attendre étant donné que nous avons lancé l’audit, qu’elle réponde à certaines questions, mais que cela requiert qu’elle reste à son poste afin qu’elle ne puisse pas quitter la Côte d’Ivoire. Nous avons donné notre accord vu que cette réflexion était sage. Mais c’était juste après ça qu’elle ne devait plus mettre les pieds au bureau. Mais qu’est-ce que nous avons remarqué ? Non seulement l’audit à traîné en longueur (de 3 mois, on s’est retrouvé à 6 mois), mais elle est toujours là et la proclamation des rapports n’est pas encore faite, nous ne savons pas pourquoi.
Le ministre nous convie à une réunion qui conclut que l’audit, c’est pour bientôt et que chacun s’apprête à assumer les conclusions, toutes les responsabilités et les sanctions qui en découleront. Nous en étions d’accord et à partir de ce moment-là il nous invite à ne pas faire d’autres manifestations. Mais après contre toute attente, il nous appelle pour nous dire qu’il va nous lire le rapport de l’audit.

ABS : Et qu’est-ce qui s’est passé par la suite ?

DTV : Pour la réunion du mardi 2 juillet 2019, le ministre, voulant faire croire qu’il maîtrise l’appareil, appâte les artistes avec un ordre comportant en premier point: Informations sur l’audit. La salle est évidemment remplie. Mais quand il a lu dans nos regards, il a su qu’il la roublardise ne passerait pas, Bandaman nous mène en bateau, inventant pour l’audit un circuit qui conduit jusqu’au Chef de l’Etat et qu’en réalité, la réunion porte sur des  »journées de réflexion ».
Ce à quoi nous avons répondu qu’il n’était pas question de cela !
Il a alors invoqué le calme, promettant encore et encore que cela allait se faire. Ce à quoi Steezo a répondu courageusement « Monsieur le ministre, vous vous foutez de nous ! Ce n’est pas possible, on ne peut pas accepter cette forfaiture ! ». Une réponse claire qui a valu à Steezo d’être menacé d’arrestation, d’être jeté en prison, vaines menaces du ministre qui ne dépassent pas le cadre de la porte d’une réunion. Nous sommes habitués à l’épée de Damoclès qui ne descend jamais. Nous la voyons suspendue sur nos têtes mais nous, nous travaillons. Nous n’avons pas peur de cette épée là.

ABS : Alors la forfaiture en question, c’était quoi ?

DTV : En termes de journées de réflexion, c’est une assemblée bis, pour remplacer le Conseil d’administration et installer un comité provisoire. C’était là la forfaiture mais nous l’avons perçue de loin et l’avons signifié à monsieur le ministre. Et quand il a sorti la nomenclature du bureau, le CACB qui a été à l’origine de beaucoup de révélations, qui a fait des investigations pour sortir les malversations, en était étrangement absent. Ce sont plutôt les hommes qui sont pour madame Viera qui dominent. Madame Viera s‘est assise avec monsieur le ministre, lui a donné une liste de personnes qui lui sont favorables et elle veut que nous avalions cela ? Nous avons dit  »Non » à la forfaiture et nous disons que ça ne se passera pas ainsi à moins que madame Viera ne passe sur notre cadavre, pour aller tenir ces journées. La Côte d’Ivoire va apprendre pour la première fois que les artistes sont morts parce qu’ils veulent que madame Viera parte. Une chose est claire : le Burida n’est pas créé pour madame Viera, il est créé pour des gens qui sont compétents, qui ont la science de la gestion d’une maison de droits d’auteur, ce qui n’est pas le cas pour cette dame qui nous vole et nous pille avec la complicité du ministre. Nous ne pouvons pas accepter cela. Aujourd’hui, les Ivoiriens à qui on a toujours dit que les artistes ne valent rien, que ce sont des gens qui font du bruit sont en train de s’apercevoir que parmi ces artistes-là, il y a des gens comme Diallo Ticouaï Vincent qui ont fait des études supérieures, qui ont l’expertise en matière de la gestion et qui disent  »Non, monsieur le ministre ! Si vous avez quelque chose avec madame Viera, Prenez-la et épousez-la certainement, envoyez-la à la mairie et puis c’est bon ! Mais débarrassez-nous-en ! On lui a confié notre boutique, on n’est pas content de sa gestion. Mais diantre, pourquoi vous nous l’imposez ? Et puis encore, il nous insulte en lui confiant la présidence d’une instance stratégique du comité qui est chargé de gérer les journées de réflexion. On dit  » non!  ».

Il veut repositionner madame Viera contre notre gré, c’est-à-dire que le ministre se fout de nous ; alors cette journée n’aura pas lieu ni aujourd’hui, ni demain. Le Premier ministre nous a demandé de surseoir à notre sit-in jusqu’à ce que le disque soit mis à jour. Mais nous n’accepterons pas une forfaiture, nous n’irons pas à une quelconque journée de réflexion. Parce qu’avant d’aller à une journée de réflexion, il faut d’abord de la sérénité. Aujourd’hui, notre cœur n’est pas aux journées de réflexion ; notre cœur bat pour l’audit, pour le rapport de l’audit qui va nous donner tort ou raison. C’est ce que nous attendons comme scoop de ce qui peut nous apporter le calme et la sérénité avant de réfléchir sur l’avenir du BURIDA.

Nous estimons que la gestion de la journée de réflexion revient à l’assemblée générale. Si le ministre est honnête, il n’a pas besoin d’appeler d’autres personnes car nous ne sommes pas caduques. Nous n’avons pas un bilan d’échec; qu’il nous confie alors la gestion de ces travaux et il nous appartient si nous voulons enrichir le débat, d’appeler les autres puisque c’est nous qui sommes élus. Mais nous ne sommes pas en première ligne.
C’est de ça qu’il s’agit. Noël Dourey n’est pas membre de l’assemblée générale, Asalfo n’est pas membre de l’assemblée générale. D’où vient-il donc que ce soit eux qui doivent diriger ceux qui sont les élus du peuple ? Nous ne pouvons pas accepter cela car nous sommes les élus des artistes.

Il y a plus de 12.000 artistes qui nous font confiance ; donc je pense que le ministre a encore échoué. On apprend que dans les coulisses la sagesse est en train de l’habiter, il est en train de reporter ces journées. Encore, bravo à nos amis, bravo à tous ceux qui nous ont écoutés, bravo à ceux qui ont parlé à monsieur le ministre, bravo à tous ceux qui ont interpelé les autorités sur cette affaire pour que la vérité triomphe et qu’en enfin, on nous remette notre audit.
Ce document qui nous a quand même coûté 53 millions doit nous révéler la vérité et attribuer les responsabilités afin qu’on sanctionne celui qui est en faute.

ABS : vu que l’audit n’est pas encore en votre possession, comment avez-vous su que 40 millions ont été indûment donnés au ministre de la Culture ?

DTV : Ce sont les malversations constatées dans sa gestion précédente qui ont justifié l’audit. Sachez qu’il y a eu déjà un précédent audit interne qui a démontré toutes les défaillances, dont le trou de 40 millions, qui nous a appris beaucoup de choses. Nous ne parlons pas dans le vide, nous avons les pièces à conviction, les preuves qu’il faut pour que madame Viera puisse repartir à la justice.
Le ministre nous dit qu’il attire l’attention, croyant parler parler à des enfants, à des bébés encore au lait. Mais quand un agent commet une faute grave, on ne l’accompagne pas avec des primes, on l’envoie en prison. Il faut qu’il le sache, si madame Viera est reconnue coupable, elle n’aura pas de prime, elle sera au trou jusqu’à ce qu’elle rembourse au dernier centime ce qu’elle nous a pris.

ABS : Mais vous les artistes, sur quoi se base le BURIDA pour vous payer ?

DTV : Comme la vérité marche toute seule et qu’elle vient à vous, cela nous fait plaisir. C’est parti sur des répartitions, l’équilibre des répartitions. Ceux dont les œuvres ne sont pas jouées ou exploitées, ce sont ceux-là qui, paradoxalement, gagnent le plus parce que ce sont ceux-là qui attrapent le sac de madame Viera, qui vont laver les toilettes de madame Viera, qui pilent le foutou de madame Viera, qui lavent quelques fois ses foulards, je n’ose pas parler d’autres choses. Donc, il y a une équipe de personnes qui sont à la solde et aux bons soins de madame Viera à qui elle donne cet argent.
On me dira, oui monsieur Ticouaï Vincent vous avez perçu 7 millions, mais comment je les ai perçus ? C’est sur une pression, j’ai fait une pression. Il se trouve qu’en Côte d’Ivoire, le seul qui fasse encore le théâtre, c’est moi et je fais tout pour que ma pièce passe à la télévision. Mais quand le chapitre argent, c’est-à-dire quand on envoie 10 millions sur le compte du théâtre et qu’il y a ma seule pièce qui est là, mais qu’est-ce qu’on fait ? C’est pour moi, on a payé donc c’est pour moi. Comment peut-on dire que Ticouaï perçoit ! mais si nous étions nombreux, nous allions partager les 10 millions. Alors quand j’entends les gens parler, ce sont des ignares. Mais madame Viera, elle a cet art-là, regardez par exemple, on attend souvent qu’une haute personnalité, un élu doit de l’argent à monsieur Sery Sylvain. Qu’il le veuille ou pas, je dirai son nom ici. Pourquoi nous soutenons le président du Conseil d’administration ? Certains disent que si madame Viera ne fonctionne pas bien ça veut dire que le PCA n’est pas bon. Oui d’accord cela peut paraître ainsi mais nous ne sommes pas dupes, nous avons les PV de toutes les réunions où le PCA s’est opposé. Elle a acheté certains membres du Conseil pour mettre le PCA en minorité. Le grand déballage va venir bientôt. Madame Viera n’échappera pas, rien ne l’arrange, tout ce qu’elle a fait depuis qu’elle est là va sortir au grand jour. Elle va rester là et ne va avoir que ses yeux pour pleurer, elle va rembourser notre argent jusqu‘au dernier centime et puis après on la fourre au cachot. C’est ça et c’est là sa place.

Si la justice n’existe pas en Côte d’Ivoire, alors elle sortira indemne et libre dans cette affaire, mais si la justice que je loue, que j’adore, que j’applaudis… existe, Mme Viera ne sera pas encore en liberté après la lecture de l’audit et nous n’aurons pas à payer un centime pour lui payer des primes de renvoi ou alors de démission. Nous ne sommes pas dans cette logique. Quand une personne vous vole de l’argent, dans les pays sérieux, on appelle cela  »abus de biens sociaux » et ceux qui le font en Europe ne sont pas en liberté.

En plus de cela, elle n’a pas été nommée dans les conditions adéquates. Là encore il y a de la triche, on en a parlé assez. Elle n’a pas posé une candidature, elle n’a pas concouru. On appelle un cabinet d’experts pour essayer de désigner le meilleur et madame Viera n’a pas démissionné après le conseil de gestion transitoire dans lequel elle se trouvait et lorsqu’on a mis en place le conseil d’administration et l’assemblée générale, nous avons décidé de nous pencher sur la nomination du nouveau DG du BURIDA. Nous devions donc choisir un cabinet d’experts qui doit auditer 3 candidatures parmi lesquelles, il devra choisir. Elle n’a pas subi cela et ils ont tripatouillé à ce niveau-là. Ils ont dit qu’il n’y a pas d’argent pour prendre un cabinet, pendant ce temps là on a eu l’argent pour prendre 150 millions pour mettre dans ces articles qui ont coûté 85 millions. Là elle sort 40 millions pour donner au ministre.
Après tout ceci, le ministère a fait trois arrêtés pour changer ce qui était dans le décret, c’était vraiment extrêmement grave c’était flagrant et nous avons dit qu’elle était mal nommée. Alors elle ne peut que faire des choses qui ne sont pas bien.

ABS : Merci beaucoup !

                                                                                       Par Dylaurette YOUUKOU