Affaire Rastas bastonnés et rasés par des gendarmes : Spyrow raconte ce qui s'est réellement passé

Source: LINFODROME / 11 Apr 2019 / 194
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Au cours d’une réunion de concertation et d’informations organisée mercredi soir au Parker Place par la Fédération Rastafari de Côte d’Ivoire (Feraci) qui a vu la mobilisation de plus d’une centaine de rastas, Spyrow l’un des porte-voix de ladite fédération est revenu sur les circonstances dans lesquelles des membres de leur communauté se sont faits bastonner et raser par des gendarmes.

Après avoir expliqué les raisons de leur grande mobilisation ce soir au temple par excellence du reggae en Côte d’Ivoire, Spyrow a raconté dans les moindres détails cette « humiliation » subie dimanche par des membres de la communauté rasta de Côte d’Ivoire. À l’en croire, tout est parti très tôt ce matin du dimanche 07 avril. L’un des leurs qui après un spectacle fini au petit matin allongé dans son hamac attendant le jour sera surpris par l’arrivée de gendarmes qui va le tirer de son sommeil.

« (…) Il était déjà 05h du matin lorsque couché dans son hamac, il sera face à face avec des gendarmes vers 06h du matin. Le gendarme lui intime l’ordre de se réveiller et demande à le fouiller l’accusant d’être un vendeur de drogue. Le frère aura beau lui expliquer qu’il est loin d’être un dealer, le gendarme refuse d’entendre raison et le somme de le suivre. Une autre sista qui était dans sa maison assistant à la scène verra sa fenêtre cassée par des gendarmes qui lui demandent de sortir de là. À un moment, ils ont voulu embarquer tout le monde et Négus a voulu comprendre les raisons et les motifs. Ils étaient plus d’une trentaine les gendarmes. Ils ont commencé même à battre un autre frère qu’ils avaient mis à genou. Ce dernier a même eu une dent cassée », a-t-il relaté.

Poursuivant, Spyrow explique que les gendarmes n’ayant rien trouvé de suspect et compromettant sur ces rastas vont tout de même les embarquer non sans leur faire subir de pires formes de violence et d’humiliation. « Négus ne voulant pas voir ses frères partir avec les gendarmes propose la discussion. Malgré qu’il leur a donné les 7 000 F Cfa qu’il avait sur lui, les gendarmes ont tout de même embarqué les frères. Dans le camion des gendarmes, ils ne cessaient de taper sur la main d’un frère handicapé. Et sur le bras invalide. (…) Une fois au poste, ils les bastonnent jusqu’à faire saigner une sista de la tête. Et lorsqu’arrive un adjudant, il dévoile qu’il n’aime pas les rastas et ordonne à ses éléments de couper les cheveux de nos frères. Un premier gendarme qui avait été désigné à couper les cheveux n’a pas eu le courage de le faire et c’est un zélé parmi eux qui s’est exécuté. Et c’est comme ça que les frères ont vu leurs cheveux être rasés, impuissants. Nous avons les images », a relaté Spyrow.

Selon lui, une telle attitude des forces de l’ordre est difficile à comprendre. « C’est quoi le problème ? Pourquoi est-ce qu’on s’en prend à des personnes faibles et ne représentant aucun danger pour les populations ? », s’est-il interrogé. Toute chose qui selon les membres de la Fédération rastafari de Côte d’Ivoire dont Kajeem, Naftaly, Ras Soweto ne sera pas laissée impunie. D’où la mobilisation qu’ils ont sonnée pour se faire entendre et que justice et réparation soient faites.    

 

 

                                                                                                                     Philip KLA